Pari fou de Jean-Gabriel Chelala

Publié le par le meusien

Un ingénieur fait le tour de
la planète à vélo et en pédalo

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Jean-Gabriel Chelala et son vélo couché, sur une route près d'Atlanta, lundi.
Pari fou de Jean-Gabriel Chelala : effectuer un tour du monde à la seule force humaine. Parti de Paris en février, il a traversé l'Atlantique et s'attaque désormais aux États-Unis.

Record du monde de la traversée de l'Atlantique en pédalo. Avec 65 jours, Jean-Gabriel Chelala, 22 ans, a pulvérisé de 33 jours le précédent record, détenu par un autre Français, Emmanuel Coindre. «Cela prouve le bien fondé du concept du “vélomer”, explique Jean-Gabriel, un bateau à hélice mu à la force des jambes.»Ingénieur en bâtiment franco libanais, le jeune Chelala s'est mis dans la tête d'effectuer un tour du monde, en longeant plus ou moins le 48e parallèle, d'où le nom d'«Expédition 48° nord».

 Et il est tellement heureux d'avoir réussi cette traversée qu'il en oublierait presque de parler de la balade à vélo qui l'a précédée, de Paris à Lagos, au sud du Portugal, un peu plus de 2 000 kilomètres, un enfer : «Il a plu pendant toute la traversée de la France, avec des bourrasques de vent.

 Parfois, je ne dépassais pas 20 kilomètres par jour.À Lagos, Jean-Gabriel lâche le guidon pour le gouvernail. Une autre aventure commence, autrement plus dangereuse. «Le plus dur, c'est la traversée des rails», ces autoroutes virtuelles en pleine mer où croisent les gros navires de commerce. «Malgré notre balise, on est invisible.

 Une nuit, l'un d'entre eux est passé tout près. C'était comme un mur noir qui bouchait l'horizon.» Pas le temps de paniquer : il faut se sortir au plus vite de l'énorme sillage. La peur, c'est pour après.   Direction l'Alaska
À l'approche des côtes marocaines, une nuit, Jean-Gabriel ressent un violent choc. «Une baleine ?» Toujours est-il qu'il a perdu son safran.

 Arrêt imposé dans un port marocain. «L'arrivée a été un calvaire, j'ai mis deux heures à effectuer le dernier mille. Je pédalais, puis je plongeais remettre l'avant du bateau dans la bonne direction, pédalais à nouveau et ainsi de suite

.» L'accueil est chaleureux. Un nouveau safran est fabriqué. Après trois semaines de météo hostile, Jean-Gabriel décide de repartir, malgré «des creux de cinq mètres. Le bateau surfait parfois incliné à 120°, avec le toit dans l'eau et la quille à moitié dehors».

 La longue traversée commence, celle de la solitude heureuse entre ciel et mer. Peu de bateaux, mais des poissons, dont certains le suivent pendant plusieurs jours. Puis de nouveau la terre. Celles des Antilles d'abord, puis la Floride. Jean-Gabriel accoste à Miami, en pleine base militaire !

 Après un aller-retour à Paris à la recherche de fonds pour poursuivre sa route, Jean-Gabriel repart sur un vélo couché cette fois. Direction l'Alaska, où il espère arriver avant l'hiver. De toutes les façons, le retard accumulé l'obligera à s'arrêter. La traversée du détroit de Béring ne peut s'envisager qu'au printemps. Ne restera plus alors qu'à pédaler jusqu'à Paris !  source: "le figaro"

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