On dit que le Marseillais est fier et paresseux, dangereux au volant, mafieux en affaires et hostile à l’égard de toute espèce résidant au nord, c’est-à-dire au-delà de Valence… Ces légendes ont été mises au point par les Phocéens – la communauté de marins grecs qui a fondé Marseille 2 600 ans avant J.-C. – afin de préserver la ville des invasions. Les clichés ont la vie dure. Sous son ciel bleu Klein, la cité phocéenne a toujours fait figure d’éternelle rebelle. Elle échappera au contrôle de Louis XIV, qui en retour fera ériger le fort Saint-Nicolas et son enfilade de canons dirigés vers la ville. Elle donnera son nom à l’hymne de Rouget de Lisle, scandé par les révolutionnaires. La deuxième ville de France offre bien des surprises : sur plus de 60 km de côte, ses quartiers aux ambiances bigarrées s’étirent comme autant de petits villages pittoresques à la croisée de l’Orient et de l’Occident. À mille lieues de la clinquante Côte d’Azur, le dépaysement est total. L’authentique côtoie l’avant-garde, le bout du monde est à portée de main.