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Publié le par le meusien

Edvige - Sarkozy a rassuré ses ministres
Orientations sexuelles, dossiers médicaux... Nicolas Sarkozy s'est engagé mercredi à lever les inquiétudes suscitées par le fichier, mais se référant aux émeutes des banlieues de novembre 2005, il est resté catégorique quant au fichage des mineurs.

Au lendemain d'une réunion à l'Elysée sur le sujet avec le Premier ministre François Fillon, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, et des responsables de la police, le chef de l'Etat a appelé les membres du gouvernement au "sang froid" et à la "cohésion" lors du conseil des ministres.

 Le ministre de la Défense, Hervé Morin, avait publiquement émis des réserves le week-end dernier sur ce dispositif. Michèle Alliot-Marie, à la demande du président, a entamé des consultations avec les associations et syndicats opposés à Edvige afin d'apporter les aménagements et les garanties nécessaires en matière de protection des libertés.

 Des ajustements qui seraient formalisés par décret ou dans le cadre d'un texte Les opposants à Edvige, qui appellent à la mobilisation le 16 octobre, jour de la Sainte-Edwige, réclament l'annulation du décret du 1er juillet créant le fichier en préalable "à l'ouverture d'un débat parlementaire".

 Des recours en annulation ont été déposés par une douzaine d'organisations devant le Conseil d'Etat, qui les examinera en décembre avant de statuer. "On voit bien que ces derniers jours ont émergé deux types d'inquiétude, à la fois sur le fichier des personnalités mais aussi sur les questions de santé ou d'orientation sexuelle.

 Eh bien sur tous ces sujets, le président de la République a souhaité qu'on puisse avoir toutes les garanties et que les consultations puissent être menées rapidement", a expliqué Luc Chatel lors du compte rendu du conseil des ministres.

 Selon son entourage, Nicolas Sarkozy a remis en cause l'utilité de profils sexuels et médicaux, lors de la réunion de mardi à l'Elysée. Et il a mis en doute la pertinence du fichier personnalités en soulignant que le "Who's Who" suffisait. Il n'était pas dans l'intention du gouvernement, de manière discriminante, d'utiliser ces critères" sexuels et médicaux, a pour sa part affirmé le porte-parole du gouvernement.Soucieux d'éteindre la controverse, l'exécutif n'entend pas pour autant revenir sur le fichage des mineurs.

 En l'état actuel, Edvige recense les personnes "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif". figurent aussi celles "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public", y compris les mineurs à partir de 13 ans. La police peut également, sous certaines conditions, y mentionner des renseignements patrimoniaux et personnels, notamment des données sur l'orientation sexuelle et la santé.

 Le président de la République a insisté sur l'importance de ces fichiers, la nécessité d'en avoir, parce qu'au total, c'est l'enjeu de la lutte contre la grande délinquance", a rapporté Luc Chatel. "Rappelons-nous les émeutes des banlieues que nous avons connues, avec une nouvelle forme de délinquance, avec des jeunes mineurs.

 Donc, c'est très important que soient inclus dorénavant dans ce fichier les mineurs", a-t-il dit. A la sortie d'une nouvelle réunion à l'Elysée, après le conseil des ministres, avec le président et le Premier ministre, Michèle Alliot-Marie a insisté sur le fait que 46% des vols avec violence et 25% des viols étaient commis par des mineurs.S'affirmant "pas du tout" désavouée, la ministre de l'Intérieur a admis avoir "sous-estimé le fantasme qui pouvait tourner autour de ce fichier des Renseignements généraux".

Dans l'opposition, le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, et le président du MoDem, François Bayrou, exigent l'abrogation du décret et un réexamen par le Parlement, une option approuvée par le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer

.Ce n'est pas une réussite jusque-là. Nous allons à l'Assemblée reprendre les choses en main. J'ai demandé au président de la commission des Lois d'auditionner le ministre et de procéder à toutes les auditions nécessaires", a dit Bernard Accoyer sur RTL, jugeant que le dossier avait été "mal conduit".

 L'UMP, qui juge que les mentions sur la santé et l'orientation sexuelle n'ont "rien à faire dans un tel fichier", demande mercredi "que soit posée la question du fichage des personnalités, obsolète à l'heure où internet procure des informations immédiates sur les personnes publiques".  source: "France soir"

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